La marge d'erreur d'un sondage, expliquée sur de vrais chiffres
Un score de sondage n'est pas un point, c'est une fourchette. La lire évite les titres faux du type « X passe devant Y ».
La formule
Pour un échantillon aléatoire simple de n personnes et un score p, l'intervalle de confiance à 95 % vaut p ± 1,96 × √(p × (1 − p) / n). Il se resserre quand l'échantillon grandit, et il est plus large autour de 50 % qu'aux extrémités.
Les instituts français travaillent le plus souvent par la méthode des quotas, pour laquelle cette formule n'est qu'une approximation : c'est pourquoi l'article 2 de la loi de 1977 parle des marges d'erreur « le cas échéant par référence à la méthode aléatoire ». Les marges affichées sur ce site sont celles que calcule Mieux Voter avec cette formule, sur la base de calcul déclarée par chaque sondage.
Un exemple sur la dernière enquête
Calcul fait au build, sur l'enquête Cluster17 (du 15 au 16 septembre 2026)
Marine Le Pen y obtient 30,2 % et Jean-Luc Mélenchon 19,6 %, sur 2 045 personnes interrogées. Avec la formule sur l'échantillon total, la marge de Pen serait de ±2,0 point. Mieux Voter publie ±2,5 point : elle calcule sur la sous-population déclarée par le sondage quand il y en a une (par exemple les personnes certaines d'aller voter), plus petite que l'échantillon, donc une marge plus large.
Intervalles : Pen de 27,7 à 32,7 %, Mélenchon de 17,5 à 21,7 % — ils ne se chevauchent pas.
Ce qu'il faut en retenir
- Deux candidats dont les intervalles se chevauchent ne sont pas départagés par ce sondage.
- Un écart d'un point entre deux vagues d'un même institut est le plus souvent dans la marge.
- Comparer deux instituts entre eux mesure aussi deux méthodes : sur ce site, un institut n'est comparé qu'à lui-même.